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CAVERNE (Fables de vie)

La Fontaine - Esope - Platon


A partir des fables de La Fontaine, « Caverne (Fables de vie) » nous montre à voir la relation entre deux individus, leurs parcours de vie, leurs relations à l’autre.
Une mise en scène qui mêle musique, vidéo, textes et mouvements et qui raconte les rapports humains en donnant chair aux émotions suscitées par les relations sociales.

Avec : Kévin Kister et Hervé Richardot
Mise en scène : Arnaud Le Gal et Hervé Richardot
Assistant à la mise en scène : Kévin Kister
Expressions corporelles : Arnaud Le Gal
Scénographie : Noémie Mancia et Elouen Huitric
Musique et sound design : Théodore Lefeuvre
Création vidéo et enregistrements voix : Elouen Huitric
Création lumière : Noémie Mancia
Création costumes : Aurélie Pénuizic

13 novembre 2015
Une série d’événements dramatiques touchent la France.
Un flot d’images à la télévision.
Une réflexion émerge en moi.
Quel est donc le cheminement de ces hommes qui en arrivent à considérer que la vie, la sienne est celles des autres, est moins importante qu’un idéal ? Quels parcours de vie conduisent des hommes à s’embrigader jusqu’à choisir la mort ? Quel rôle l’éducation joue dans ces chemins de vie ?
Les jours passent.
Je me souviens de l’allégorie de la caverne de Platon.
Ce texte qui montre deux cheminements : celui du savoir et de la raison comme guide possible pour l’Homme en opposition aux idées fausses et à l’illusion.
L’envie de proposer ce texte sur scène comme une réponse possible à la barbarie et à l’obscurantisme.
L’envie de m’adresser aux enfants comme aux adultes.
Je me souviens des fables de Jean de La Fontaine. Une succession de présentation d’attitudes humaines avec une morale qui propose, avec humour, une réflexion sur les risques à se laisser porter par ses travers.
L’idée naît : mettre en perspective les fables La Fontaine avec le texte de la caverne de Platon.
Montrer sur scène deux personnages, deux parcours de vie : l’un ayant reçu une éducation qui l’emprisonne et qui cherchera à se libérer de ce carcan, l’autre ayant reçu une éducation sans contrainte qui l’amène à se créer un sentiment de toute puissance et qui l’emprisonne tout autant.
Faire se rencontrer ces deux individus et montrer comment cette rencontre peut permettre à chacun de grandir dans sa relation à l’autre.
Montrer leur relation mais aussi l’impact que peut avoir ces instants de rencontre dans leurs impressions intérieures.
« Caverne (Fables de vie ) » voit ainsi naître sa structure, son ossature.
Très vite, l’envie de proposer plusieurs niveaux d’impressions s’impose. Les impressions laissées par le langage, à travers le choix des fables, celles de La Fontaine mais aussi celles d’Esope comme un rappel de la source qui a nourri l’écriture de La Fontaine, les impressions laissées par les corps en mouvement pour traduire des états intérieurs, les impressions laissées par la musique qui accompagne ces mouvements.
Créer un espace où les images viennent traduire ces mouvements dans la relation à l’autre et dans leur répercussion pour chacun des personnages.
L’idée d’une scénographie construite à partir d’images vidéos apparaît.
« Caverne (Fables de vie) » venait de trouver sa forme. (Hervé Richardot)

Mon objectif est de mettre en scène les corps. Pour que sans parole, et rien qu’avec leurs mouvements, les comédiens racontent des rapports humains en faisant ressentir les émotions
suscitées par ces relations sociales.
Les corps parlent, bien souvent, mieux que les mots.
A l’adolescence, débute mon parcours martial avec les disciplines japonaises puis vietnamiennes. Mais c’est ma rencontre avec Zhang Xiao Yan qui va me propulser dans le wushu.
Je ferais alors des mois de stages intensifs dans l’empire du milieu, aiguillé à mes débuts par Wu Bin (professeur de l’ acteur Jet Li) .
Une longue expérience qui m’a permis de me forger aussi bien extérieurement qu’intérieurement, afin d’ approfondir la connaissance de mes gestes.
Parallèlement j’explore les arts vidéos (réalisation ,chorégraphie de combats) et le théâtre : j’ai suivi, par exemple, des stages de masques et bâton indonésiens avec Tapa Sudana (cf : le
Mahabharata de Peter Brook).
Tapa m’offre alors une approche des relations entre le corps et l’esprit qui influencera continuellement ma vision du travail physique. (Arnaud Le Gal)

Cacher ou révéler : 1er point que sert ici la lumière, jonction entre la mise en scène et la scénographie. Alors qu’à certains moments, elle partage avec la vidéo les écrans de projection, la géométrie des impacts et leurs précisions se révèlent alors de mise pour ne pas lui nuire, et encore mieux, former un tout.
La cohabitation des deux techniques, que ce soit par des accords colorimétriques ou des associations d’images (ce qui se passe en temps réel sur le plateau et ce qui est projeté) donne sa cohérence à la scénographie. Cela permet aux comédiens de jouer avec et d’utiliser les écrans comme un décor.
Deuxièmement, l’espace clé, qui concentre la plus grosse part de travail sur la lumière, est l’avant scène (devant les écrans). Ici, le choix a été de marquer la dualité des personnages. Deux teintes
opposées soulignent alors la différence de leurs conditions sociales (terne et froide pour l’un, vive et chaude pour l’autre). Enfin, la dualité interne au personnage (ses questionnements et ses
doutes sur sa propre condition) est marquée par des directions latérales. La succession de couloirs sur toute la profondeur de l’espace créé sur les silhouettes un clairobscur prononcé. Dans ces
faisceaux, les personnages n’ont qu’un pas à faire pour basculer entre lumière et obscurité. (Noémie Mancia)

Les espaces où sont projetés la vidéo sont composés de trois écrans, deux verticaux et un horizontal au centre. Les deux écrans aux extrémités représentent la confrontation de parcours entre les deux personnages et leurs propres allégories présentées dans les fables.
L’écran central, associé à la morale, essaie de lier deux personnalités opposées. Les écrans sont disposés de manière à servir la scénographie. La projection prend son sens sous deux formes : la
première servant à créer le décor dans lequel les personnages évoluent et la seconde est composé d’images illustrant l’histoire se déroulant sur scène. En relation directe avec la lumière et le son, l’objectif était d’obtenir une cohérence photographique et sonore le tout servant le propos des fables de La Fontaine et la dimension philosophie, poétique,
que dégage la mise en scène. (Elouen Huitric)

Le but de la composition musicale sur le spectacle « Caverne (Fables de vie) » était de transcrire en couleur harmoniques et rythmiques les états poétiques des expressions corporelles du spectacle.
Chaque expression dégage un rapport émotionnel que j’ai transcrit avec les médias que sont pour moi l’ordinateur, le piano et les synthétiseurs.
Un travail préparatoire à d’abord été fait autour de l’enregistrement de parties de piano.
Le piano préparé (modifié avec des accessoires tel que des feuilles, pinces ou objets métalliques posés sur les cordes) permet une palette de sons assez large donnant tout le matériel nécessaire pour une banque de samples réutilisables pendant le spectacle. (Théodore Lefeuvre)

Les costumes sont étroitement liés aux personnages.
Pour l’un des personnages, le costume est composé d’une veste, d’un pantalon, les poignets et chevilles sont resserrés par des bandes de tissus.
La veste est de forme atypique, elle est asymétrique, le col s’enroule autour du cou et se ferme au niveau de la nuque, elle traduit l’enfermement voir l’étouffement du personnage. Les poignets et
chevilles sont emprisonnés aussi, les successions de bandes de tissus différents sont comme des « couches » de passé (expériences, obstacles, blessures…).
Pour le second personnage, le costume se compose d’un pantalon, d’une chemise et d’un gilet. Les matières ont été primordiales. La fluidité, la légèreté des tissus utilisés représente la liberté, la vitalité du personnage. Les coupes du pantalon et de la chemise sont amples et confortables, ces mouvements ne sont pas entravés, il a toute sa liberté de mouvement.
L’encolure du gilet et de la chemise est largement ouverte et traduisent une fois encore une grande liberté à l’inverse du premier personnage emprisonné dans son costume (cou, poignet et chevilles fermés). (Aurélie Pénuizic)

captation vidéo : MGKL www.mgklproduction.fr