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Antigone

D'après Jean Anouilh


L’histoire d’Antigone a traversé les siècles et nous interroge encore aujourd’hui : quels motifs conduisent cette jeune fille à refuser toute concession en vue d’accéder à une forme idéalisée du bonheur, un bonheur fondé sur une lecture manichéenne du monde ?

S’agissant de Créon, ses actes peuvent-ils uniquement se résumer à sa volonté de maintenir la stabilité de l’ordre social ?

En l’occurrence, leurs destins respectifs nourrissent l’intrigue, l’un écrasé sous le poids du pouvoir, l’autre victime de son aveuglement.

Le parti pris de mise en scène de Cédric Brunet et Hervé Richardot permet de donner corps à la confrontation historique de ces conceptions idéal-typiques. Les autres personnages illustrant ainsi ce qu’Antigone refuse et condamne et ce que Créon excècre dans sa fonction de roi. Ismène, dont la docilité heureuse suppose le sacrifice d’une part de son identité pour plaire au plus grand nombre, la nourrice et son sens étroit du devoir. Le garde, expression de l’animalité qui réside en chaque Homme. Hémon, quant à lui, est le personnage sacrifié sur l’autel de cette lutte intérieure et ne deviendra plus qu’un souvenir, symbole de ce que les deux protagonistes ont abandonné dans leur opposition et leur acharnement.

Par ailleurs, le Choeur, devient la voix intérieure de Créon, celle qui caractérise les contraintes et les impasses d’un pouvoir solitaire et inflexible qui déshumanise. Pour leur part, la nourrice et le garde sont joués en ombre chinoise, devenant des anonymes n’ayant plus aucun poids sur l’inéluctable évolution des deux principaux protagonistes. Prisonniers de leur condition sociale, ils deviennent des êtres pathétiques et ignorants. Enfin le personnage d’Hémon est projeté en vidéo, comme un souvenir qui hante leurs mémoires, inaccessible, pour l’un comme pour l’autre.

Seul élément de décor : le trône, symbole de la souveraineté et point de départ de la lutte qui opposera Antigone et Créon